Autriche / Stelvio – juin 2016 (4)

Jour 6 : Söll – Passo Stelvio – Bormio (271km)

Programme initial du jour : rejoindre Spondigna, au pied du Stelvio en Italie.

Après avoir rechargé nos motos, nous reprenons la route en direction de l’Italie. Notre itinéraire fait que nous revenons sur nos pas, à Landeck très exactement. Une petite erreur de navigation de ma part nous impose un léger détour d’une petite vingtaine de kilomètres (en fait, mon ami JC n’avait pas vu un héliport lors de notre premier passage. Ouf ! ).

De là, nous bifurquons à 90° afin de traverser le Tyrol du Nord au Sud, nous amenant à la frontière Italienne.

A partir de là, changement de conduite. Vigilance maximum. D’une part les routes sont beaucoup plus abîmées, mais aussi le style de conduite est … comment dire ? … moins serein.

Après quelques kilomètres, nous arrivons à Resia, et longeons le lac du même nom.

Le lac de Resia est constitué à l’origine de deux lacs plus petits qui ont été réunis lors de la construction d’un barrage en 1950, et le village de Graun y a été englouti. Seul le clocher de l’église est encore visible et dépasse de l’eau.

Nous continuons notre route jusqu’à Spondigna, destination initiale.

Vue l’heure, aux alentours de 16H00, JC me propose de faire l’ascension du Stelvio dans la foulée, et de dormir de l’autre côté, nous faisant gagner du temps pour le lendemain.

Pourquoi pas ? Alors en route. Stelvio nous voilà !

Passo Stelvio. Le Col du Stelvio. Deuxième plus haut col routier des Alpes (après le Col de l’Iseran). Culminant à 2758m, c’est un mythe pour tout motard digne de ce nom. Un rêve. Nous ferons l’ascension par le versant Nord-Est.

Quelques chiffres : le versant N-E, c’est 26km d’ascension avec une pente moyenne à 7,7% (15% max), 48 virages numérotés (seuls les plus serrés). Pour le versant S-O, nous sommes à 7,1% (12% max).

La météo n’est pas extroardinaire, avec un ciel très chargé, mais sec. Nous faisons une petite pause avant de passer aux choses sérieuses, le temps de s’équiper, et de faire une petite photo.

Allez…Go !

C’est parti. La route est sèche, mais de grande traces humides subsistent en bas, sous les arbres. La route devient vite très sinueuse, et les virages en épingle commencent. JC prend ses marques gentiment (les Alpes sont une première pour lui). Les motos sont lourdement chargées. Mais pas de souci, nous montons tranquillement, à notre rythme. L’essentiel étant avant tout de se faire plaisir.

Les numéros de virages défilent, tel un compte à rebours. Une petite pause au virage N°11, le temps d’une photo, et nous voilà repartis. Quelques virages plus tard et nous sommes au sommet. Deux Maserati nous accueillent (dont une maquillée). Le fond de l’air est légèrement frais : 5°C. Bonne idée que de s’équiper avant de monter.

Le temps de prendre la traditionnelle photo devant le panneau, de faire un peu de shopping souvenir, et nous voilà repartis pour la descente. Il faut dire que du grésil commence à tomber.

Nous amorçons la descente du versant Sud-Ouest en direction de Bormio. Nous doublons deux cyclistes rencontrés quelques instants plus tôt. Deux courageux, au beau milieu de grosses plaques de neige.

Dans la descente, nous croisons également deux personnes faisant l’ascension en roller avec des bâtons. Sacré courage également, mais une question reste toujours sans réponse : la descente, comment la font-ils ?

Malgré la concentration nécessaire pour le pilotage, nous réussissons quand même à apprécier le paysage, parfois impressionnant, parfois grandiose.

Ce versant est moins technique (du moins nous semble-t-il).

Quelques kilomètres plus tard, nous voici revenus dans la vallée, à Bormio plus exactement. Mission accomplie. Nous l’avons fait.

Reste plus qu’à trouver un camping pour la nuit. Comme depuis le départ, un coup d’œil rapide sur internet et notre ami nous indique la route pour arriver au Campeggio Ristorante Pizzeria Cima Piazzi Di Bonetti Ermanno Battista. Vite, le temps commence à presser. L’heure tourne, mais surtout le ciel devient de plus en plus menaçant.

Le temps pour nous de prendre possession de notre parcelle, nous déballons le matériel, et voilà que quelques gouttes se mettent à tomber. SVP, juste une 1/2 heure encore. Mon souhait est exhaussé. A peine la dernière sardine plantée que les éléments se déchaînent, et ce sans aucune accalmie jusqu’au lendemain matin.

Pour célébrer cette journée, nous nous octroyons le luxe de nous offrir une pizza délicieusement cuite au feu de bois, et très copieuse.

C’est donc sous des pluies diluviennes, entourés par les orages, que nous nous couchons, la tête encore perchée là-haut sur le Stelvio.

première   précédente   Pages   suivante  dernière